Rencontre avec Jean-Marie Dancy : Offrez un second souffle à vos espaces !
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Diplômé de l’UPA de Nancy, Jean-Marie Dancy est architecte indépendant, programmiste et spécialiste en analyse tertiaire. A partir de 1986, consultant chez Décisions Immobilières, une filiale du groupe Auguste-Thouard, il a réalisé le transfert des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne, l’installation de l’ENA à Strasbourg et le réaménagement du siège central de la Société Générale. En 1995, on le retrouve chez Eurythmic où il développe un département de programmation. En 2005, il redevient architecte indépendant et conseille différents groupes en voie de restructuration. Il intervient actuellement au sein d’Atisreal Consult où il dirige le projet de regroupement de certaines entités de la Direction Générale de l’Armement à Bagneux.
• En quoi consistent vos différentes missions ?
J'aide les sociétés qui viennent d’acheter ou de louer un local, à s’implanter dans leur nouvel environnement. Avant toute décision, je réalise donc un cahier des charges très précis en recueillant les besoins des uns et des autres en termes de surfaces, d’outils informatiques et d’installation bureautique. Après une enquête au cas par cas, je définis où et comment disposer les pièces de travail, les salles de réunion et les espaces transitionnels. La programmation permet donc aux professionnels de définir, avant l’achat ou la location d’un lieu, leurs besoins et de rentabiliser au mieux la surface qu’ils souhaitent occuper.
• La programmation de surfaces a-t-elle considérablement évolué au cours de ces dernières années ?
Dans le passé, on parlait surtout de “programmations-standards” réalisées par différents bureaux d’études. Plus la demande s’est multipliée, plus l’activité tertiaire s’est délocalisée et plus notre métier s’est modifié afin de mieux répondre aux contraintes du marché.
• La programmation de surfaces varie-t-elle d’un pays à l’autre ?
Il y a effectivement des variations notables entre les différentes cultures. Dans les pays anglo-saxons, on s’est habitué depuis longtemps à travailler dans un espace ouvert, entièrement décloisonné mais aussi très standardisé. Tout le monde connaît ces vastes plateaux polyvalents avec au centre des espaces partagés et aux extrémités les bureaux des managers... Aujourd’hui, ce type d’espace est beaucoup plus complexe et mieux adapté aux activités des entreprises.
• Le marché européen vous offre-t-il de nouvelles perspectives ?
Oui, car notre problématique essentielle est d’optimiser les espaces que l’on occupe ou que l’on achète. Comme le prix du mètre carré est en perpétuelle évolution, on ne peut pas se permettre le moindre gaspillage ni consommer son espace n’importe comment. En ce sens, l’expérience anglo-saxonne est riche d’enseignements puisque chaque mètre carré est traité, outre-manche, selon des barèmes et des affectations ultra précis.
• Quelle différence établissez-vous entre la programmation et la gestion des surfaces ?
La programmation de surfaces s’effectue bien avant le choix d’un lieu. C’est une recherche prévisionnelle qui détermine la demande d’une entreprise selon l’offre immobilière. Si une société souhaite quitter le centre-ville et s’installer en périphérie, elle peut faire appel à nos services afin de mieux cibler ses besoins en fonction de son enveloppe budgétaire. Nous établissons, à sa demande, un bilan chiffré de ses exigences, de ses conditions de travail et de ses évolutions futures. Ce calibrage nous permet de reformuler chaque zone d’activité afin qu’elle corresponde parfaitement à la vie de l’entreprise. Il s’agit donc d’une révolution interne puisque chaque employé sera amené, à plus ou moins brève échéance, à revisualiser son environnement habituel et à modifier sa façon de travailler... Pas toujours simples à mettre en place, ces réaménagements impliquent, en outre, une certaine préparation psychologique... Partager du jour au lendemain un vaste bureau avec quatre ou cinq nouveaux occupants, est une expérience qui n’est pas évidente à vivre...
• Certains matériaux, comme l’amiante, portent à polémique et vieillissent plutôt mal. Vous demande-t-on de reprogrammer des espaces déjà installés ?
Vous savez, dans notre métier comme ailleurs, on subit de plein fouet le flux de l’actualité et de l’innovation technologique. Les questions écologiques font bien évidemment partie de nos préoccupations. Voilà pourquoi il nous arrive fréquemment de reprogrammer des espaces afin, par exemple, d’obtenir un meilleur confort acoustique... Actuellement, il existe des matériaux écologiques, insonores et non polluants que l’on ne connaissait pas encore dans les dernières décennies... Tel est le cas pour les moquettes et les sols qui sont en constante évolution. Idem pour les différents types d’éclairages ou de cloisonnements qui déclinent nos espaces de travail de manière évolutive.
• Quelle est aujourd’hui la tendance ?
La tendance est aux espaces ouverts et accessibles à tous, dans la limite du supportable. Là où tout se complique c’est quand on cherche à concilier quantité et qualité et quand on vise, avec un minimum de moyens, un maximum de confort. Il n’est, en effet, pas rare qu’un gain de surfaces réduise le confort visuel et inversement... On accordera donc un soin tout particulier à l’éclairage, aux choix de la gamme chromatique, à la qualité des matériaux et des textures...
• L’informatique a-t-elle modifié votre regard ?
L’informatique est une aide précieuse car, comme vous pouvez vous en douter, nous utilisons constamment tous les outils de projection et de simulation.
• Cette évolution vous incite-t-elle à instaurer un réel suivi auprès de vos différents commanditaires ?
Oui et c’est sans doute ce travail de longue haleine qui nous motive le plus. On essaye bien évidemment de fidéliser nos clients par un bon dialogue avec les responsables des services généraux. Nous n’hésitons pas non plus, de notre côté, à nous remettre régulièrement en question et à adapter ce partenariat aux évolutions du secteur tertiaire.
• Votre objectif ?
Notre objectif est de produire un outil performant, c’est-à-dire des espaces où l’on peut travailler en harmonie avec soi et les autres, où l’on puisse vivre à plusieurs un peu comme chez soi et sans se sentir à l’étroit. L’espace, vous savez, est un atout considérable pour améliorer la rentabilité et le bien-être d’une entreprise... Décloisonner une surface consiste aussi à décloisonner ses habitudes. En ouvrant un aménagement intérieur, on occasionne de nouveaux échanges au sein d’une équipe et l’on rend de ce fait ce dialogue plus efficace et plus interactif. En réduisant les nuisances sonores et les matériaux polluants, en équilibrant la luminosité et les revêtements muraux, en assurant un lien permanent entre intérieur et extérieur, en associant de manière nouvelle et imaginative chaque pôle d’activité, on décuple ses capacités de travail dans une atmosphère saine et agréable. On s’offre de réels gains de temps et l’on devient beaucoup plus réactif !
• Un appartement ancien est-il plus difficile à aménager qu’une infrastructure récente ?
Ce n’est pas ainsi que la question se pose. C’est vrai qu’un appartement ancien sera de toute façon plus difficile à décloisonner puisqu’il comprend en général un certain nombre de murs porteurs. Cela dit, ce type d’appartement offre une typologie intéressante sur le plan de l’aménagement. En dépit des apparences, il reste assez maniable d’un point de vue spatial. Notre rôle consiste justement à nous adapter à toutes sortes de configurations immobilières et non à nous en tenir à un modèle préconçu. En un mot, nous créons une rencontre entre l’identité d’une entreprise et l’identité d’un lieu. Ce mariage, pas toujours évident à réussir, ne peut voir le jour que si chacun respecte entièrement la liberté de l’autre...
Pour tout contact :
16, rue Elzévir. 75003 Paris.
E-Mail : jean-marie@wanadoo.fr
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